Moïse :: Laisse mon peuple partir (partie 1/2)

C’est au nom de Celui devant Qui fléchit tout genou dans le Ciel et sur la Terre, que je viens à vous peuples du futur, comme je suis venu en Egypte il y a de cela trois mille ans. De même que le peuple d’Israël était réduit à l’esclavage par les pharaons sans possibilité d’y échapper, de même le peuple moderne est asservi à un certain mode de pensée qui l’empêche d’être pleinement heureux. Mais si auparavant j’étais seul à gravir le mont Sinaï, à ôter mes sandales pour marcher sur une terre sainte, à dialoguer avec le buisson ardent qui voulait libérer son peuple de l’esclavage… aujourd’hui je vous invite tous à vous élever au sommet de votre âme, à vous défaire de votre parcours poussiéreux, pour rencontrer la lumière intérieure qui vous affranchira.


Avant cela, permettez-moi de vous dire qu’il y a un plan parfait divin pour chacun de vous, et c’est en réalisant ce plan que vous atteindrez le bonheur. Mais ce plan ne vous apparaîtra que lorsque vous aurez quitté votre terre natale pour vous rendre là où l’esprit de Dieu vous emmènera. Souvenez-vous que le Seigneur dit à grand-père Abraham : « Quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père, puis va dans le pays que je vais te montrer. » Souvenez-vous que le destin de Joseph ne s’est réalisé que lorsque ses frères l’ont vendu comme esclave dans un autre pays. Souvenez-vous que je me suis moi-même enfui du palais princier avec tous ses délices pour devenir le berger de Jethro dans une oasis. Cela signifie peut-être pour vous que vous devez abandonner votre zone de confort pour essayer de nouvelles choses plus audacieuses, ou carrément de tenter votre chance dans un autre pays si l’esprit de Dieu vous y emmène, qui sait? Ce qui est sûr, c’est que je n’aurais jamais marqué l’histoire du peuple juif si j’étais resté en tant que prince d’Egypte et assistant de Ramsès. Ce qui est sûr, c’est que Joseph n’aurait jamais géré les affaires d’Egypte s’il était resté chez son père. Ce qui est sûr, c’est qu’Abraham n’aurait jamais été le père des trois monothéismes s’il ne s’était enfui de son village après avoir détruit les idoles de pierre. Et vous, oserez-vous éliminer vos fausses croyances, pour vous réaliser ensuite ce que l’esprit de Dieu vous dictera ? Oserez-vous vous présenter devant les rois de ce monde pour les aider ou les défier ? Oserez-vous abandonner votre confort actuel pour aller à l’encontre de votre lumière intérieure ? Mon ami, quitte ta terre natale, et va où l’esprit divin te guide…

Mais même si vous suivez cette intuition, vous n’êtes pas à l’abri des petits soucis quotidiens : ne croyez pas que ce sera une vie facile parce que tout ce que vous faîtes cadre avec le plan divin. Marcher avec Dieu n’est pas facile, au contraire, marcher avec Dieu est difficile mais le jeu en vaut la chandelle. Pour ma part, j’ai perdu un agneau : le préféré de ma femme Sephora. Ce n’était certes pas la fin du monde, mais c’était quand-même un problème. J’ai donc dû m’en aller tout seul en montagne pour le retrouver. Et c’est là que j’ai aperçu le buisson ardent. Dîtes-vous donc qu’à partir du moment où vous suivez le plan divin, les problèmes qui se présentent à vous vont tous servir à la réalisation de ce plan divin. Si vous avez perdu votre travail, si un être cher vous a quitté, s’il vous est arrivé un accident… tout cela peut contribuer à vous amener au sommet de votre montagne, là où brûle le feu de Dieu. Et lorsque vous y serez, ne permettez pas que les erreurs du passé vous rattrapent, laissez derrière vous toutes sortes de bassesse d’esprit, abandonnez tous types d’actions impures ; en d’autres termes : ôtez vos sandales car vous marchez sur une terre sacrée. C’est seulement ainsi que vous pourrez écouter le chuchotement de la voix intérieure au plus profond de votre âme, c’est seulement ainsi que vous entendrez le grondement du buisson ardent au sommet du mont Sinaï.

Une fois que la voix de la lumière intérieure a parlé, vous devez lui faire confiance. Quelqu’un de très sage, plus proche de vous que de moi, a dit : « Lorsque l'amour vous fait signe, suivez-le, quoique ses voies soient rudes et escarpées. Et lorsque ses ailes vous enveloppent, cédez-lui, quoique l'épée cachée parmi ses plumes puisse vous blesser. Et lorsqu'il vous parle, croyez en lui, quoique sa voix puisse éparpiller vos rêves comme le vent du nord saccage le jardin. » J’ai suivi l’amour qui me parlait sur le mont Sinaï, j’ai donc tout abandonné une seconde fois pour retourner en Egypte, dans l’espoir d’obtenir une audience auprès de Ramsès II, mais aussi avec la peur qu’on se moquera de moi. Après tout, c’était quand-même une pure folie de demander à l’homme le plus puissant du monde : « Laisse mon peuple partir ! » Mais je l’ai fait…


(A suivre)